Troubles cognitifs et cancers non cérébraux

Ce programme de recherche est mené en collaboration avec l’équipe du Pr Florence Joly, médecin oncologue au Centre François Baclesse de lutte contre le cancer.

Apport de la neuroimagerie structurale et fonctionnelle à la compréhension des troubles mnésiques

Dans la poursuite d’une étude en cours, la perspective principale réside dans l’exploitation des données obtenues en IRMa, IRMf au repos et en activation déjà acquises auprès de 23 patientes non seulement avant (T1) mais aussi à l’issue du traitement (T2) et un an après la fin du traitement (T3). Notre objectif est d’identifier les mécanismes physiopathologiques impliqués dans les troubles de mémoire des patientes traitées par chimiothérapie (CT). Les données d’IRMa nous permettront de déterminer les modifications structurales associées aux troubles mnésiques avant (T1), après (T2) et à un an (T3) de la CT adjuvante. Grâce aux données d’IRMf au repos, nous évaluerons les modifications du réseau par défaut des patientes avant (T1) et après (T2 et T3) la CT. Compte tenu de nos connaissances actuelles et des résultats obtenus précédemment, l’étude du réseau au repos est d’un intérêt tout particulier dans le cadre de cette pathologie. En effet, ce réseau, notamment le cortex cingulaire postérieur et les régions temporales, sous-tendrait les capacités d’apprentissage, de remémoration des souvenirs autobiographiques ou encore les fonctions introspectives (centrées sur soi avec par exemple planification et simulations mentales du futur). Enfin, les données en IRMf d’activation, acquises au cours d’une tâche de mémoire, permettront de décrire le fonctionnement cérébral des patientes et de comparer celui-ci avant (T1) et après (T3) CT.

Vers une meilleure compréhension de la plainte cognitive exprimée par les patients

Le dysfonctionnement cognitif perçu par les patients, ou plainte cognitive, est un indice particulièrement sensible de la qualité de vie, d’autant plus qu’il reflète le ressenti en situation de vie quotidienne. Un certain nombre de ces travaux ne rapporte pas de corrélation significative entre les scores aux questionnaires de plainte cognitive et les performances neuropsychologiques « objectives ». L’ensemble des travaux présentés ci-dessous a pour but de mieux comprendre et caractériser la plainte cognitive des patients cancéreux.

Étude de la métamémoire dans le cancer : relations entre les performances issues de tests neuropsychologiques et la plainte subjective des patients après traitement adjuvant.

Le dysfonctionnement cognitif ressenti par certains patients n’est pas toujours conforme aux scores obtenus à partir des tests neuropsychologiques. La raison de cette absence de lien avéré est probablement multifactorielle (facteurs méthodologiques, psychoaffectifs, …). Par ailleurs, la métacognition (opinion du sujet sur ses propres capacités cognitives) n’a jamais été examinée auprès de patients cancéreux, or c’est une mesure très sensible pour évaluer et comprendre la plainte et sa correspondance avec la performance réelle. Après avoir été testé auprès de sujets sains de la population générale, le protocole est actuellement en cours de passation auprès de patients en cours de traitement par CT.

Plainte cognitive et réserve cognitive

Pour des scores neuropsychologiques comparables, tous les patients n’expriment pas le même degré de plainte. Une différence de niveau de réserve cognitive entre patients pourrait être un facteur expliquant l’hétérogénéité de la plainte. La réserve cognitive est un processus dynamique individuel permettant d’avoir un fonctionnement cognitif efficient et de mettre en place une compensation efficace en cas de lésions cérébrales. Nous utiliserons un questionnaire de réserve développé dans l’unité par M. Laisney et intégrant des questions sur le réseau social, la position socio-économique, et un indice de QI. Nous faisons l’hypothèse que, pour un même score neuropsychologique normal à subnormal, un patient avec réserve cognitive élevée exprimera une plainte cognitive, alors qu’un patient avec une faible réserve cognitive n’en exprimera pas.

Fonctionnement de la mémoire prospective au cours du cancer

La mémoire prospective permet au sujet de se souvenir d’intentions à réaliser dans le futur et est en cela essentielle à l’observance thérapeutique et à l’autonomie des personnes. Nous souhaitons identifier les facteurs impliqués et les processus déficitaires de la mémoire prospective, tout en considérant l’impact des facteurs anxio-dépressifs et de fatigue. Nous proposerons une tâche de mémoire prospective créée dans l’unité pour un autre protocole (voir paragraphe 3). L’intérêt de cette tâche, dans le cadre de la pathologie cancéreuse, est d’être adaptée aux troubles subtils et de sa grande sensibilité.

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