Recherches

PROJET ET STRATÉGIE DU NOUVEAU CONTRAT (2022-2027)

  • Orientations et évolutions du projet scientifique

Depuis sa création, cette unité est reconnue dans sa capacité à développer des paradigmes expérimentaux originaux dans le domaine de la mémoire humaine, en croisant différentes modalités de neuroimagerie et d’évaluations cognitives qui sont à la pointe des connaissances. Ces paradigmes permettent la compréhension fondamentale des mécanismes psychologiques et neuroanatomiques de la mémoire humaine et de développer une expertise dans l’évaluation et la prise en charge de patients.

Forte de cette identité au croisement des sciences de la santé et des sciences humaines, l’objectif du nouveau projet de l’unité est de proposer des modélisations neurocognitives et des interventions neuropsychologiques susceptibles de répondre à des enjeux individuels et sociaux de l’impact sur le fonctionnement mnésique et cognitif des évènements et environnements stressants tout au long de la vie.

 

Figure 1 : approche multi-échelle des mécanismes impliqués dans la mémoire traumatique (Remember-GABA)

Sur la base des études initiées dans le cadre de l’Equipex MATRICE (Gagnepain et al. 2019, Nature Hum Behav) et poursuivies dans le programme Remember (Fig. 1), les projets de l’unité continueront et amplifieront l’étude de la mémoire dans une perspective multi-échelle, en croisant de manière originale les données sociales et cognitives et les indicateurs neurologiques, de la modélisation des mécanismes de connectivité à la neurotransmission.

Deux axes forts organisent l’ensemble des projets de l’unité pour le nouveau contrat :

1- lutter contre la mémoire traumatique et le stress d’une part,

2- lutter contre la mémoire défaillante dans différentes affections neurologiques d’autre part.

Dans ces deux axes, le mécanisme neurocognitif au cœur des projets de l’unité sera celui du contrôle mnésique, de sa modélisation grâce à l’approche multi-échelle, et de sa modulation par la prise en charge (interventions cognitives).

  • Projets en cours dans l’unité

1- Dans la dynamique du programme de recherche 13-Novembre qui porte sur les conséquences des attentats de 2015 à Paris sur les mémoires individuelles et collectives, l’unité montre sa capacité à répondre à des enjeux sociétaux concernant l’impact sur le fonctionnement mnésique et cognitif d’événements traumatiques. La phase 3 du programme Remember (2021-2022) inclut deux extensions, 1- Remember+GABA dont l’objectif est d’affiner la compréhension des dysfonctionnements du TSPT en se concentrant sur le rôle du système GABAergique dans la suppression des mémoires intrusives indésirables par le biais d’une étude combinant IRMf et TEP, 2- CARE 13-11 (Child cognitive-Affective Resilience following 13-11 Event), dont l’objectif original et ambitieux sera de d’étudier la transmission d’un traumatisme parental associé à des symptômes possibles de TSPT sur les enfants au premier degré et sur la famille élargie avec un intérêt particulier sur les processus de résilience tenant compte du contexte familial. Ce projet longitudinal se déroulera sur deux phases, en 2021 et 2026.  Il s’agira d’établir les profils psychologiques, cognitifs, cérébraux et épigénétiques des enfants des personnes exposées aux événements traumatiques et incluses pour la plupart dans le projet Remember. L’arrivée de Grégory Simon (MCU HDR Unicaen) dans l’unité lors du prochain contrat permettra par ailleurs de réaliser des analyses de la configuration des sillons cérébraux dont il a l’expertise et qui se révèlent être des indicateurs d’intérêts de l’identification de fragilités neuro-développementales. Le financement de la phase 3 est d’ores et déjà acquis (ANR, Région Normandie) sur une hauteur de 1.5MM€ [Statutaires principalement impliqués : P. Gagnepain, F. Eustache, B. Guillery-Girard, J. Dayan, K. Lebreton, G. Simon]

2-  Le PHRC interrégional intitulé BorderStress s’inscrit aussi très clairement dans cette nouvelle orientation des projets de l’unité concernant les liens entre mécanismes de mémoire et troubles de stress post-traumatique. Il fait suite aux travaux de l’unité chez l’adolescent souffrant d’un TSPT complexe. Dans ce projet, nous nous appuyons sur le modèle du Trouble de la Personnalité Borderline (TPB). Cette pathologie est fréquente chez l’adolescent(e) et plus d’un tiers des patients avec TPB présentent un TSPT concomitant avec dans ce cas, des problèmes émotionnels et comportementaux plus sévères. Plusieurs données suggèrent que les modifications cérébrales constatées chez les adolescents avec TPB pourraient être préférentiellement liées à la présence concomitante d’un TSPT. L’objectif principal du projet est donc d’identifier les spécificités cognitives et cérébrales du TSPT dans le contexte de la pathologie borderline. Pour cela, nous réaliserons une comparaison des anomalies cognitives, fonctionnelles et structurales en neuroimagerie chez des adolescents présentant une personnalité borderline avec ou sans trouble de stress post-traumatique (TSPT). [Statutaires principalement impliqués : B. Guillery-Girard, F. Eustache, P. Gagnepain, F. Guénolé, J. Dayan, J.M. Baleyte]

3- L’annonce d’un cancer et sa prise en charge constituent des évènements traumatiques potentiels susceptibles, au-delà des effets directs des chimiothérapies, de contribuer aux troubles neurocognitifs observés chez les patients. La poursuite des travaux de l’unité en collaboration avec le centre François Baclesse, en particulier du suivi longitudinal de patients atteints de cancers non-cérébraux permettra de mieux faire la part des choses entre la dimension psycho-traumatique et l’impact neurochimique des traitements. La poursuite de ce projet reposera notamment sur l’évaluation du sommeil avant la chimiothérapie et de ses liens avec les mesures comportementales (cognition, réponse au stress) et biologiques (statut tumoral et mesures sanguines de l’inflammation périphérique) à l’issue de la chimiothérapie. Deux groupes de patientes, avec ou sans plaintes de sommeil et n’ayant pas de symptôme anxio-dépressif seront comparés entre eux et avec un groupe de participantes contrôles. L’étude des mécanismes impliqués sera réalisée en lien avec l’activité du locus coeruleus et de la voie noradrénergique à travers des mesures en neuroimagerie (IRM fonctionnelle, ASL, TEP). Dans ce cadre, l’obtention de la Chaire d’Excellence  « ICANSLEEP »  par la Région Normandie obtenue pour Joy Perrier pour 3 ans (janvier 2021 – décembre 2023) offre les moyens substantiels (454 538€) pour constituer une équipe et réaliser ce projet ambitieux, novateur et stratégique dont un impact visible est attendu. Cette Chaire d’excellence permettra de consolider une position internationale reconnue dans le champ de l’impact du sommeil sur le fonctionnement mnésique et de façon innovante et très pertinente cliniquement et scientifiquement auprès des patients cancéreux. [Statutaires principalement impliqués : B. Giffard, F. Eustache, A. Viard, et collaboration avec le centre F. Baclesse et l’équipe de F. Joly]

4- La dimension sociale de la mémoire fait depuis plusieurs années l’objet de travaux dans l’unité dans le contexte du vieillissement normal et pathologique. Ainsi, l’étude de différentes formes de maladies neurodégénératives (MA, DFT, DS) à partir d’épreuves de cognition sociale (théorie de l’esprit, identification d’émotions faciales, connaissance des règles sociales) développées par l’unité permet d’envisager une caractérisation précoce des différents profils symptomatologiques de ces maladies. La caractérisation de profils neurocognitifs précoces en fonction des trajectoires de vie fait actuellement l’objet de demandes de financements (ATIP-Avenir, ANR, Marie Curie Fellowhip Program) portées par Thomas Hinault, CRCN Inserm qui vient d’être recruté dans l’unité. Il s’agira de déterminer quelles sont les caractéristiques de la connectivité fonctionnelle et structurelle associées au contrôle de la mémoire qui sont les plus altérées au cours du vieillissement normal et pathologique (EEG et DTI). [Statutaires principalement impliqués : T. Hinault, H. Platel, M. Laisney, F. Eustache, M. Groussard, O. Martinaud, V. de La Sayette, S. Belliard]

5- Enfin l’unité est identifiée comme pionnière dans l’évaluation de l’impact neurocognitif tout au long de la vie des interventions psycho-sociales telles que les pratiques musicales. Ces travaux ont notamment récemment mis en évidence, chez des patients Alzheimer à des stades avancés (étude INCAS), des capacités d’encodage en mémoire à long-terme malgré l’amnésie antérograde et des lésions temporales internes massives. De nouveaux financements sont actuellement demandés afin de poursuivre ces travaux dans deux directions, d’une part la modélisation de la signature cérébrale de l’émergence d’un nouvel encodage en mémoire à long-terme chez des patients très amnésiques, et d’autre part la mise en place d’un suivi longitudinal de l’impact neurocognitif de pratiques musicales au cours du vieillissement normal et pathologique (suivi de dyades patients/aidants). [Statutaires principalement impliqués : H. Platel, M. Groussard, T. Hinault, P. Quinette, O. Martinaud, V. de La Sayette]

 

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Les études proposées dans l’Unité 1077 ont obtenu un avis favorable du comité de protection des personnes.

Si vous souhaitez participer à l’une de ces recherches ou simplement obtenir des informations sur les conditions de participation, contactez nous au 02.31.56.83.77, à , ou complétez le formulaire dédié

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